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VIP-Blog de Tifa_du_37
favole_la_folle@hotmail.fr

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  • Créé le : 18/04/2005 11:09
    Modifié : 18/09/2006 20:49

    Fille (16 ans)
    Origine : Indre et Loire
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    Suicide

    23/06/2005 15:52

    Suicide


    Marre de ces parents de chiotte ! Marre de cette vie de chiotte. Marre de tout, putain, j'en peux plus.
    Je monte les escaliers, je donne un coup de pied dans ma porte de chambre pour l'ouvrir, puis la claque derrière moi.
    Putain de vie débile, ça me fait chier.
    Je me dirige vers mon bureau, j'ouvre un tiroir. Je prends la boîte de médicaments. J'avale les pilules et les comprimés les uns après les autres, et alors que je sens que ma tête commence à tourner, je vais m'asseoir sur mon lit, puis je m'allonge dessus.
    Et chiotte, même quand je meurs ça fait mal. Tous des salauds.

    Ma mère regarde la télé. Elle a une expression de colère sur le visage, la salope, et le poing crispé sur l'accoudoir du divan. Je la hais, et rien que le fait de la voir en colère me rend heureux. Conasse, elle s'en fout de m'avoir rendu malheureux, de toutes façons elle préfère rester devant la télé.
    Mon père rentre du boulot. Lui au moins il est sympa. Lui il sera triste.
    Le téléphone sonne, ma mère décroche. C'est Émilie. Elle veut me parler, cette garce. Ca ne lui suffit pas de m'avoir torturé l'esprit comme ça au lycée, elle veut en plus me faire chier alors que je suis chez moi. Je suis bien content de ne pas pouvoir lui répondre. Pouffiasse.

    Mon réveil sonne. De toutes façons, je suis plus en moyen de me lever. Vingt minutes passent. J'entends la voiture de mon père qui part au travail. Dix nouvelles minutes s'écoulent.
    J'entends les pas d'éléphant de ma mère dans l'escalier. Elle cogne à ma porte en criant que je suis déjà en retard, que j'ai intérêt à me lever rapidos si je veux avoir accès à l'ordinateur. Et puis elle se tire. Aujourd'hui, j'aurais du avoir huit heures de cours, l'enfer. J'aurais pas ces putain de deux heures d'histoire, pendant lesquelles ma seule distraction est de parler avec mon voisin de classe, Mickaël. Il sera tout seul, d'ailleurs, aujourd'hui, et demain. C'est dommage pour lui, je suis désolé.
    Ma mère est de retour. Elle cogne encore, gueule un peu.
    Et puis elle finit par aller chercher un double de la clé, et elle ouvre la porte. Elle commence une phrase, genre que ça va chauffer pour moi, et puis elle s'arrête. Je souris intérieurement en voyant son air hébété devant mon corps blanc. J'aurais du laisser une lettre d'adieu pour bien qu'ils comprennent.
    Elle déglutit difficilement, et s'approche de mon lit en tremblant. Elle a les mains en avant et sa lèvre inférieure semble douée de vie. Ses yeux brillent. J'espère qu'elle va pas pleurer, ça me ferait bien chier.
    Elle pose deux doigts sur mon coup ; elle était infirmière, dans le temps, elle sait faire. Elle voit bien que je suis mort. Je la vois, la bouche entrouverte, arrêtée net, et tout d'un coup elle porte une main à sa bouche avec un énorme sanglot et tombe à genoux devant mon lit, et se met à pleurer silencieusement, la tête dans les bras, les bras sur ma couette.
    Ca me désolé un peu, de la voir comme ça, toute agitée de spasmes de douleur. Je me serais bien mordu la lèvre si j'en avais encore une à mordre. De la voir, comme ça, toute faible, par terre, pitoyable dans son chagrin, me fait ressentir un petit pincement au coeur.
    Elle se penche sur le côté et vomit bruyamment sur ma moquette. Ca me donne envie de pleurer de la voir si vulnérable à cause de moi. Elle reste là, comme ça, les bras par terre, une flaque de bile sous elle, des fils pendant à sa bouche, ses yeux trempés de larmes, son coeur arraché suintant de tout son corps. Ma chambre me paraît très petite, mon corps très blanc, et ma mère très triste.
    Ma mère finit par se laisser tomber sur le côté, par terre, son regard mouillé dans le vague, comme si elle ne voyait plus rien, comme si elle ne vivait plus elle non plus. Je voudrais avoir encore un corps pour la serrer dans mes bras, pour la faire se relever et lui dire que tout va bien, mais elle semble avoir totalement décrochée, elle est vaincue, par terre, en position foetale, et moi je suis là et pas là, malheureux comme je l'ai jamais été. Et je commence à regretter.
    Les heures passent. Ma mère a arrêté de pleurer, mais elle toujours secouée par de petits spasmes par instants.
    Elle finit quand même par se lever. J'ai jamais vu des yeux aussi rouges que les siens. Même dans les films quand ils pleurent c'est pas moitié aussi triste, là j'ai l'impression que si j'avais encore un coeur, ce ne serait plus qu'un petit cadavre accroché dans ma poitrine de désespoir.
    Je vois ma mère marcher comme un somnambule dans la maison, titubant un peu, comme écrasée sous le chagrin. Elle descend les escaliers, avec des gestes saccadés et en mettant un temps pas possible. Quand elle arrive en bas, elle chancèle encore un peu, et va s'effondrer sur le canapé, comme terrassée.
    Je la revois, la veille, alors qu'elle était en colère, et mon âme se brise en mille morceaux, chacun plus remplis d'amertume et de tristesse que ma vie ne le fut. Je me demande comment j'ai pu faire ça. Ca faisait longtemps que j'hésitais à franchir le pas, mais hier soir, j'avais tellement l'impression qu'elle me détestait, et que rien ne valait la peine d'être vécu, que je l'ai fait. Et je regrette, oh oui, de voir que ma mère m'aimait au point d'être ainsi effondrée, comme une poupée désarticulée, sur le divan.
    J'essaie de regarder ailleurs, mais j'entends toujours ses petits gémissements, et ils me sont insupportables, la culpabilité monte en moi, s'ajoute au malheur, et c'est comme si j'éclatais à chaque instant.
    Je voudrais fermer les yeux, m'arracher à tout ceci, partir vraiment, mais je ne décide de rien.
    La porte s'ouvre, et mon père entre.
    Il lance d'abord un cri joyeux, annonçant son arrivée, puis se débarrasse de son manteau, et arrive dans la pièce commune. Là, il se stoppe, son sourire se fige, et ses yeux s'agrandissent. Il regarde ma mère, son regard vide et rouge, et une profonde expression d'inquiétude se creuse sur son visage. Il se précipite sur sa femme et prend sa tête dans ses bras, et lui demande ce qui ne va pas. Elle reste immobile, comme si elle n'avait pas entendu ni vu. Il répète sa question, de plus en plus inquiet, et elle tourne lentement ses yeux vers lui, avant d'ouvrir la bouche, de la refermer, puis de prononcer, difficilement, mon nom.
    Il se relève et court dans la pièce, court dans l'escalier, et entre dans ma chambre dont la porte est restée ouverte.
    Un son inarticulé s'échappe de sa gorge quand il voit mon corps, et je me sens fondre d'avoir pu lui faire ça. Il s'approche doucement de moi, s'assoit sur mon lit, prend mon corps inerte et froid dans ses bras et me sert contre lui, en pleurant, et ses larmes s'écrasent sur ce qui fut mon corps, et je sens chacune de ces larmes comme si c'était une goûte d'acide meurtrissant encore un peu plus mon pitoyable esprit.
    Mon père se redresse, et je vois qu'il a l'air d'avoir pris trente ans. Son expression de détresse absolue me bouleverse. J'ai l'impression de n'être plus qu'une minable loque, je mériterai de n'avoir jamais vécu pour avoir infligé tant de chagrin à mes parents qui, je m'en rends maintenant compte, m'aimaient tant...

    le ciel est bleu. Le prêtre débite lentement et tranquillement mon oraison funèbre. Il y a beaucoup de gens. Je vois Mickaël, au premier rang, celui qui était mon voisin de classe. Des larmes ont coulés sur ses joues rebondies, et il regarde le sol avec une expression malheureuse en écoutant mes qualités, citées par le membre de l'église.
    Juste à côté de lui, il y a Émilie. Elle pleure, en ce moment même, le visage enfoui dans son mouchoir, son corps magnifique secoué de sanglots. J'ai eut le temps de comprendre, entre ma mort et mon enterrement, qu'elle m'aimait en fait autant que je l'aimais, et c'est une ironie incroyablement amère qui est mienne, quand je la vois se lamenter sur ma mort. Le soir de mon suicide, elle appelait pour s'excuser. Quelques autres de mes camarades de classe s'étalent à côté, Antony, Méline, Noë. Euh aussi ont les yeux rouges.
    Je ne m'étais jamais rendu compte que je comptais à ce point dans leur vie. Je suis désolé, de les avoir laissé là, eux qui voulaient encore aller en ville avec moi, eux qui voulaient encore rire avec moi, entre les cours. Je sens que je suis impardonnable.
    Et puis, à l'autre bout, il y a ma famille. Mes parents, mon frère, ma soeur. Tous les deux sont plus âgés que moi, ils ne vivent plus à la maison. Ma soeur est la plus inconsolable, je crois. Elle pleure depuis le début de la cérémonie, en silence, Elle est morte de fatigue, car elle n'a pas dormi depuis trois jours ou presque. Derrière elle, son petit ami lui caresse les cheveux, mais elle ne s'en rend pas compte. Mon frère se tourne vers elle et la prend dans ses bras.
    Je ne les ai jamais pris dans mes bras, et je donnerai tout ce que j'ai, c'est à dire rien, maintenant que je me suis suicidé, pour rejoindre leur étreinte et pouvoir leur dire combien je les aime.
    Ma mère regarde avec un semblant de sérénité la scène, mais je l'ai bien vu, ces derniers jours, passant des heures dans un fauteuil, à se répéter que c'est de sa faute, à s'en vouloir, à se torturer seule, mentalement, à se détester. À cause de moi elle se hait, elle a perdu toute confiance en elle, a démissionné de son boulot actuel, qu'elle avait eu tant de mal à avoir.
    Mon père n'est pas là. Il est à côté de moi. Il s'est suicidé après avoir vu mon corps. J'étais tout ce qui comptait pour lui, ou presque, j'étais son préféré, plus que sa femme, plus que mon frère et plus que ma soeur, il m'aimait. Et il est mort. À cause de moi. Tout est de ma faute ici. Toutes ces larmes, tous ces pleurs, pour un stupide coup de tête, qui m'aura tout coûté. Je ne ferais pas tout ce que je comptais faire dans ma vie. Je ne goûterai jamais aux plaisirs de l'âge adulte.
    Tout m'est à jamais refusé. Mais je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. Si je le pouvais, je me tuerais, d'avoir été si égoïste. Je ne suis plus qu'une enveloppe racornie et vide, désolée, dénuée de tout.
    Je suis mort.



    Commentaire de une persoone ki vit ds le malheur (10/08/2005 14:48) :

    j'ai tt lu sans exeption et je te promet ke ton texte estmagnifique tu devrais l'allongé et en faire un livre ton texte ma fait pleurer car je pense maintenant kil ya peut etre sur cette terre uune nouvelle personne sur ki je pourai conter pour kil maide a surmon t le chagrin de la perte de ma vie c a d de mon cheri


    Commentaire de Kilian (21/02/2006 19:17) :

    -sniff- joli, je crois qu'on a tous pensés à se suicider un jour (regarde ses ongles nerveusement) alors j'espère que les gens réfléchiront qui ils laissent derrière avant de penser de telles choses...


    Commentaire de Slipkiller (20/03/2006 17:07) :

    Ca fait réfléchir! Pour ceux qui croient qu'ils ne sont pas aimé, ils faut qu'ils lisent absolument ce texte!!




     

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